Impact des Jeux Olympiques sur la recomposition des sociétés matures : le cas de Tokyo à travers ses comparaisons internationales / Manuel Appert, Raphaël Languillon-Aussel

Languillon-Aussel, Raphaël | Appert, Manuel

Edité par Université Lumière Lyon 2. Lyon - 2017

En 2013, Tokyo bascule du statut de ville candidate à ville hôte des Jeux Olympiques d’été de 2020 avec la proclamation officielle du 7 septembre. Cet effet d’annonce a eu des conséquences immédiates sur les marchés boursiers, avec l’appréciation des titres des entreprises impliquées dans l’événement et son aménagement. Au-delà, 2013 s’inscrit dans un effet de cycle de l’immobilier à Tokyo. En effet, l’immobilier de bureau tokyoïte est marqué par des cycles de 9 ans, avec des pics de livraisons en 1994, 2003 et 2012. Les JO ont donc un double rôle : ils relancent en 2013 un nouveau cycle ; ils étirent une dynamique immobilière positive dans le centre de Tokyo jusqu’en 2021 (potentiellement), soit juste après la tenue des Jeux. Cet effet de cycle se mesure avec le renchérissement des prix fonciers à partir de 2013. Les JO ont trois types d’impacts : directs (l’aménagement des sites), indirects (les infrastructures) et opportunistes (les effets reports du bureau vers l’hôtellerie et les tours résidentielles, les projets portés par la dynamique positive). En cela, la dynamique olympique des années 2010 s’inscrit dans la continuité de la dynamique de renaissance urbaine des années 2000. Par ailleurs, l’annonce des Jeux Olympiques accélère ou débloque un grand nombre de projets immobiliers, alimentant un retour au centre des investissements et des populations que l’on observait déjà dans la décennie précédente. En cela, ils jouent sur une appréciation de la perception de la « valeur assurantielle » de l’immobilier, tant résidentiel que d’entreprise ou commercial, qui justifie la perpétuation du mouvement de concentration au centre des hommes, des capitaux et des activités. Cette approche par la valeur assurantielle permet de discriminer les villes olympiques en trois groupes : les villes globales de première génération, comme Tokyo et Londres, qui utilisent les JO comme levier pour accroître la valeur assurantielle de l’immobilier ; les villes globales de seconde génération, comme Pékin ou Rio, qui utilisent les JO pour ouvrir de nouveaux fronts d’urbanisation ; les métropoles régionales, comme Barcelone ou Athènes, qui relèvent de situations plus disparates.

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